Présentation : L’écriture est un sentier où je chemine depuis l’enfance avec curiosité et enthousiasme. Où me conduit-il, ce petit chemin ? Je ne sais pas. Mais, j'le suis...
J’accuse déception de votre réponse, adressée par courrier du 15 février dernier, dans lequel vous déclinez mon invitation. J’avoue avoir du mal à comprendre votre refus. Une rumeur courait... vous décrivant comme un gentilhomme de fortune, intrépide, intelligent et aimant s’entourer d’éléments féminins. N’êtes vous donc finalement qu’un mythe urbain de plus, n’ayant pas plus de consistance qu’un croco dans un égout ?
Je sais, je sais... Vous pensez que « Les femmes seraient merveilleuses si vous pouviez tomber dans leurs bras sans tomber entre leurs mains ». Tout dépend pourtant de ce qu’elles détiennent entre leurs mains, ne croyez-vous pas ? Pandora, Shangaï Li, Louise Brookszowyc... Ne m’amalgamez pas à ces sirènes-là, dont le chant en O mineur, n’est que promesses éphémères et vaines.
Puisqu’il me faut vous appâter, valeureux aventurier, sachez qu’entre mes paumes douces se trouve La Clef. Quelle clef ? Oh ! Mais réfléchissez un peu, my dear, sans me faire l’affront de me sous-estimer. Le royaume de Mû, vous intéresse-t-il encore ? Vous n’êtes plus amnésique, n’est-ce pas ? Alors, vous allez rompre immédiatement avec cette Lara Croft, dont vous me dites être tombé amoureux. Elle est pire qu’une sirène, celle-là, c’est une Virtuelle, dangereusement addictive. Entre ses doigts effilés, que retient-elle ? Le songe d’un matin d’hier sous le drapeau de l’argent ? Pfff ! Du vide, du rien ! Elle te chante les Roses de Picardie en Helvétique, et tu n’y vois que du feu !
Allez, Corto, viens ! Un p’tit tango, ou une samba dans ma maison dorée... et si tu n’es pas sage, je te parlerai peut-être de Mû.
Corolle
PS : afin d’ajouter un peu de piment dans l’aventure, j’ai également convié ton ami Raspoutine. Tu connais l’adage : premier à table, premier servi !
L’ado sapiens est une espèce à part entière. Rien qu’à l’aspect, il se distingue de toutes les autres espèces et se décline d’ailleurs en plusieurs sous-espèces : émo, junky, BCBG chicos, fashion, manga, gothic...
Parfois, les frontières sont si exiguës, que lui seul les distingue. L’ado sapiens a son propre langage, mélange de borborygmes mâchés entre les dents, de sigles déroutants et d’éclats de rires perçants et dissonants. Grégaire, il invite quotidiennement ses congénères dans son antre parfumé aux vapeurs de mal-aéré.
Question nourriture, l’espèce est sucrivore, pizzavore et autre hamburgerivore. Néanmoins, faute de grive, votre poulet-gratin dauphinois est potentiellement en danger.
L’ado sapiens est du genre actif, voire hyperactif, et de surcroît a l’esprit de partage. Lorsqu’il revient d’une séance de kung fu, il vous fait vivre sur le champ le tao du dragon et expérimente sur vous des clefs de doigts, qui vous privent pour 8 jours de l’usage de vos propres phalanges. Quand il s’en retourne d’un cours de hip-hop, hop hop hop, faut qu’ça saute, vous en prenez plein les oreilles et plein les yeux. Parfois aussi plein la tête en cas de chorégraphies mal contrôlées.
L’ado sapiens reconnaît ses limites, c’est un être d’humilité. Mais c’est avant tout un être de ressources, qui n’hésite pas à chercher à la source tout renseignement susceptible de lui manquer. Maaaan ! Un spécial « Sonnets à Hélène » avec mon pote Ronsard, ça te tente ? Mamaaaaa ! Le régime totalitaire en Urss de 1928 à 1941, tu t’en souviens ? Mutiiiiiiie ! Les identités remarquables, tu remarques quelque chose, toi ?
L’ado sapiens est un être de communication. Il téléphone sec : fixe et mobile ; il maile en direct ou en différé, il web-came et photoshope àdonf, il blogue sans buguer, lui ! Il est l’être de l’avenir.
L’homo sapiens et l’ado sapiens cohabitent avec plaisir, s’étonnent et s’enrichissement de leurs différences. L’ado sapiens : une espèce à dorloter !
L’adolescence est le délicat passage de l’enfance à l’âge adulte. C’est une période qui... dure et au cours de laquelle l’adolescent subit de véritables métamorphoses physiques et psychiques. Vous le saviez ? Je m’en doutais un peu. Aussi je clos cette introduction superflue et vous entraîne dans le vif du sujet.
Le vif du sujet concerne des métamorphoses dont personne n’ose parler, même pas Ovide, et qui pourtant se renouvellent année après année. Elles surviennent dès le premier jour des vacances scolaires. Votre ado mute ! Fille ou garçon, 13 ou 18 ans... il mute et se transforme trois fois en une seule journée. C’est vraiment quelque chose d’étonnant et de spectaculaire.
Au matin, sur le coup de... midi, votre adolescent(e) s’éveille péniblement. Du pas alangui d’un paresseux au sortir d’une anesthésie, les cheveux en vrac, les yeux mi-clos, il se dirige au jugé vers la cuisine. S’attable. Grommelle une espèce de borborygme. Et mange. Au fil de cette sustentation, par le miracle de l’apport carnassier ou glucosé, voici votre loir ou votre marmotte qui redevient adolescent(e). Ouf ! Pendant cette heure cruciale consacrée à la mastication, vous aviez cru ne plus jamais revoir votre enfant. Si, si ! Le revoilà en mode ado !
L’après-midi s’écoule en version nonchalante, partagée en tranches de loisirs astucieusement aménagées : piscine, ordi, virée shoping avec les copines, ordi, invasion de copains, ordi, ping-pong, ordi, cinéma, ordi etc. Est-ce que la lecture et le rangement de la chambre sont inclus dans ce etcetera ? Non, mais vous rigolez ou vous ne suivez déjà plus ?
Accrochez-vous ! La deuxième métamorphose va être violente et soudaine. Elle survient avec une brutalité inouïe. Tout à coup, aux alentours de 19-20 heures, une horde de loups dotée de la faim légendaire afférente à ce canis, fait irruption dans la cuisine. Certains gémissent, d’autres hurlent... à la faim ! On entend les estomacs gargouiller, les salives abonder. On voit des yeux luisants de convoitise se poser sur les escalopes qui mitonnent. La meute tient le terrain. Elle ne lâchera pas d’une patte. Elle fait les cent pas dans votre dos, pour accélérer le processus ou pour tromper son attente. Dans le doute, vous vous surpassez en vitesse et efficacité. C’est l’été, il fait chaud, votre robe laisse à nu vos bras et vos cuisseaux... Vous sentez vos muscles maigrelets se rétracter. D’autant que (et ça, vous êtes bien placée pour le savoir, vu que c’est vous qui payez les factures d’orthodontie), la meute a des mâchoires d’acier ! A table ! Au fil de cette sustentation, par le miracle de l’apport carnassier ou glucosé... etc.. (voir plus haut), bref le revoilà en mode ado !
La soirée s’écoule en version nonchalante, partagée en tranches de loisirs astucieusement aménagées : piscine en nocturne, exclamations sur ordi, DVD, fou rires sur ordi, téléphone, séances photo sur ordi, DVD, disputes sur ordi, soirées-papote avec copines invitées, ricanements sur ordi etc. Est-ce que la lecture et le rangement de la chambre font partie de ce etcetera ? Non, mais vous faites de l’humour ou vous êtes complètement largués ?
Accrochez-vous ! La troisième métamorphose ne laissera pas de vous surprendre, lorsque sur le coup des minuits vous irez bisouiller votre adolescent(e) et lui souhaiter une bonne nuit. Vous vous trouverez face à... une chauve-souris ! Vivifiée par la nuit. Redynamisée. Pétulante. Pleine de projets. Qui vous informe de ses plans fumeux pour les heures nocturnes à venir. Du genre qui vous font tomber sur des inconnus au détour d’un couloir, lorsqu’en pleine nuit vous allez, assoiffée et passablement ensuquée, téter le goulot d’une bouteille d’eau. Votre chauve-souris ne se démonte pas et fait les présentations : « Man, j’te présente Simon et sa copine, Sarah ; Sam tu l’connais déjà, et puis voilà Héloïse sa nouvelle copine. Derrière, tu as Benjamin et Niels. Les potes, voici ma mère ! Allez, on file boire un coup à la Bodeguita. J’emmène les sœurs. T’inquiète, Man, je gère ! ».
C’est au moment précis où il dit qu’il gère, que vous commencez à vous inquiéter. A vous réveiller. Complet ! Il est quatre heures du mat. Votre réveil sonne à six. C’est que demain, vous bossez, vous ! Vous n’êtes plus une ado ! Pourtant, dès ce moment-là, vous allez entamer votre propre métamorphose : les yeux grands ouverts sur l’insomnie qui fond sur vous, vous devenez... hibou ! C’est pas forcément chouette, mais... bonne nuit !
En général, c’est le dimanche soir que ça se produit. A l’heure où vous vous répandez, enfin, voluptueusement sur votre canapé. Tranquille. L’ambiance paisible change de manière subtile. Il y a comme un immobilisme dans l’air, une tension diffuse, mais perceptible. Limite, si vous n’entendez pas quelques notes d’Ennio Morricone vibrer dans votre salon. Intriguée, vous levez le nez, et au loin vous les voyez rôder... furtifs, louvoyants, aux aguets. A peine le temps de réaliser que le danger approche, que ça y est : l’attaque de la diligence est lancée ! Votre premier ado-sapiens commence la mise à sac :
- Man, il me faut 10 euros pour mes tickets de car, j’en ai plus ! Et 30 euros pour recharger ma carte de cantine. Et... tu peux m’avancer 15 euros pour manger en ville, steplé ?
Pendant que vous fouillez dans votre sac à main, un autre apache passe à l’offensive.
- Tiens ! Ça tombe bien : puisque tu as la main dans l’sac, tu peux me passer 40 euros, Madré ?
- 40 euros !!! Vous exclamez-vous, de la voix du type qu’Attila vient juste d’ajuster sur le pal. Mais, pour quoi faire ? Questionnez-vous en essayant de gagner du temps.
- Hola, doucement les frangines, arrêtez de piller la Mama ! Un peu de respect ! J’ai besoin de 60 euros. J’ai des bouquins de fac à acheter, moi !
Et sous vos yeux effarés, vous les voyez déterrer la hache de guerre, et assistez impuissante à leurs chamailleries, à leurs arguments rusés de sioux, à leurs contre-attaques en commando de Comanches à cheval sur leurs propres principes. C’est votre dépouille qu’ils se disputent, jusqu’à l’os, alors qu’il vous semble être encore tiède, bien que refroidie par leurs attaques.
- D’abord, moi, il me faut 250 euros pour mon voyage à Rome, j’suis prioritaire !
- Tu rigoles, je pars à Bologne en premier, et moi, je dois amener le chèque demain dernier délai !
- Allez, c’est bon, les chichi-pompons, pas la peine de narguer ! Moi, l’aventure, je la vivrai ici, mais avec un jean neuf ! 80 euros. Maintenant. Si j’attends, y’aura plus ma taille.
Vous tentez de faire diversion en leur proposant le calumet de la paix. Bien mal vous en prend ! Car, d’un coup d’œil complice, ils signent leur traité de paix en s’unissant ... contre vous ! Ils vont vous saigner à blanc, vos peaux-rouges échauffés par l’algarade, ils vont vous scalper le portefeuille, vous laissant l’euro symbolique pour boire le café demain... à la machine !
L’ado-sapiens a beau être en filière Eco, il ne fonctionne pas en mode économique, surtout pas avec VOS économies.... Ma foi, une fois qu’on le sait...
Exercice sous contrainte, à partir de la photo "Subsiste encore ton écho" de Olivier. LD
Cher Artiste Photographe,
Je viens de prêter l’oreille à un p’tit bruit qui court d’univers en univers. C’est un tout petit bruit, certes, mais j’ai l’auditif aiguisé, et ce petit bruit sprintant sportif me fait dragonner de feu. Aussi croisons nos mots, afin d’en avoir le cœur net : est-il vrai que vous envisagiez de retirer votre cliché « Subsiste encore ton écho » ?
Je vous arrête là tout de go, avant tout retrait précipité, et vous expose face à face mon point de vue. Sur les pages de nombre de photographes, s’étalent des courbes féminines de toute beauté, des galbes alanguis, des fuselages suggestifs. Il y en a pour tous les goûts, des menues, des quasi nues, des charnues, en portrait, sur pied, sur lit, épinglées au mur, en croqueuses de pomme, en charmeuses de serpents, en danseuses du ventre, des douces à la peau veloutée, des déterminées déchaînées avec chaînes à la main, des primesautières, de vraies fausses Lolita, de l’altière, de la capiteuse en lumières... Fort beau, fort beau... mais peu me chaut !
Car ... où sont les hommes ? Je vous assure qu’il faut vraiment chercher et que pour la parité, on repassera ! Alors, quand un splendide spécimen s’immortalise sur cliché, pas question de le laisser disparaître d’un coup de clic malintentionné.
J’espère vous avoir convaincu, cher artiste photographe, que... c’est beau un homme !
Corolle
PS : Toute suppression de cliché sera considérée comme un acte d’ostracisme délibéré. Dont acte ?
A partir du portrait de gorille de Pascal Nitkowski (Animageries)
Déchiqueter l’acier jusqu’à l’os
Exploser les barrières
S’échapper, s’évader
Galoper pattes-phalanges, pattes-phalanges
Eventrer les grillages
Etriper le moindre barrage
S’évader, s’échapper
Galoper pattes-phalanges, pattes-phalanges,
Courir endiablé, car l’enfer est derrière
Courir comme un dératé, ne pas se rater
S’échapper, s’évader
Galoper pattes-phalanges, pattes-phalanges
Foncer, filer
Filer comme le vent, foncer contre le vent
Ne laisser pour sillage qu’un reflet de lumière sur mon dos d’argent
Ne laisser pour sillage que l’écho incertain de mes pattes-phalanges, pattes-phalanges...
A partir du portrait d'un couple de lions de Pascal Nitkowski (Animageries)
Un photographe néophyte en plein safari
Arpentant les vastes plaines du Serengetti
Croisa un couple de lions en apothéose
Et leur proposa de prendre la pose.
Les lions, ravis d’être top models, s’installèrent,
Et c’est là que très vite les choses se gâtèrent.
Tu te places encore au-dessus, grogna la lionne.
C’est toujours pareil ! Ton machisme n’a pas de borne !
Mais, rugit le lion, je suis le roi des animaux,
Il faut bien que cela ressorte sur la photo.
C’est ça ! Et moi, brave pomme, je soigne les petits,
Je fais les courses, je supporte ta polygamie.
Suffit, gronda le mâle, au bord de l’overdose.
Ras la crinière de tes humeurs pré-ménopauses.
Au moindre prétexte, te voilà muée en mégère.
Une critique de plus et je retourne chez ma mère.
Dis donc, l’vieux beau ! S’étrangla la lionne en furie,
Regarde un peu tes crocs, on dirait des chicots.
Je dois te pré-mâcher tout gigot, tout cuissot
Et ton rugissement chevrote en cri d’souris.
Mes bons amis, intervint l’humain pacifique,
Je sais, la vie de couple est souvent électrique.
Mais si vous vous trouviez une commune passion,
Un but à deux, un terrain de conciliation...
Le lion et la lionne se regardèrent entendus,
Se jetèrent sur l’homme qu’ils dévorèrent nu et cru.
Légèrement fade, chérie, ton festin ce matin
Que veux-tu, mon amour, ce n’était qu’un humain !
Moralité
Qui de rien ne se mêle,
De rien ne se démêle !
A partir d'un portrait de pélicans de Pascal Nitkowski (Animageries)
En garde, moussaillon ! Ferraillons, becaillons !
Pour l’amour de Belle Pélicane, bataillons !
Sus à toi, flibustier ! Je vais te boucaner.
Grâce à ma botte secrète, je vais t’embrocher !
Bec contre bec, il y avait du tangage,
Aucun ne voulant se mettre en carénage.
Coup droit, esquive, bond en avant, prise en croisé
Contre de quarte, fente et flèche redoutée.
Les gueux des mers croisaient l’acier et tenaient bon
Aucun des deux ne voulant baisser pavillon.
Ta barbaque ailée, je vais te l’encalminer !
Siffle pirate, crois-moi, je vais te démâter !
Prends le large, forban ! Vas-tu virer de bord ?
J’ te veux à fond de cale, mille milliards de sabords !
Merci, merci... me rappeler ainsi ce que j'ai subit hier soir! J'ai même plus l'euro pour la machine à café... car ils ont continué ce matin dans le métro, là où nous sommes vulnérables car transpercés par le regard des autres voyageurs... genre "père indigne". Ah, ils savent s'y prendre!!!!
Amitiés
Bruno
La nouvelle charte graphique dite du "compressé-corseté", en vigueur ici depuis quelques temps, m'oblige à différer la mise en ligne de plusieurs poèmes et fables. Déjà qu'un simple texte ou une lettre présentés ainsi nous asphyxient l'oeil et la comprenette... alors, la poésie ? Même pas la peine !
Gageons que notre hôte s'affaire avec célérité. A bientôt donc, pour du neuf !
Quand la même réalité nous hante, quand il nous faut l'exorciser avec nos propres moyens d'expression, quand les photos d'Olivier LD, dans sa série "My name is Lucas" s'unissent à mon petit texte "J'ai dix ans", qu'il ne connaissait pas...
A lire, dès validation, dans la collection "En vrac"
Chez nos amis photographes, un concours extrêmement dynamisant se déroule actuellement : "Raconter une histoire".
Alors, à partir de chaque photo, choisie chaque semaine par le jury, je me propose d'écrire une histoire. La mienne. Celle qui se tisse entre les photos et mon imagination. Mais, il y a tant de sensibilités différentes, et tant de lectures possibles, que nous pouvons être nombreux à raconter des histoires.
Alors ? Combien serons-nous à relever le défi ?
M'essayant au jeu de la réécriture avec Ologram, j'ai produit un manga déjanté. "Manga chez les titis" se découvre dans l'oeuvre "Dans tous mes états". Bonne lecture :-)))