Présentation : Ecrire c'est fleurir le désert des mots...
Auteur- jeunesse chez Milan et Fleurus (plusieurs albums édités ) j'anime des ateliers d'écriture en milieu scolaire et adultes. Mon 1er roman adultes: "Les Mots de Marie" a été publié à la Clé de Sel, présenté sur LCI, émission: "Place aux livres"
tes longs chemins de ciel parcourus dans la brume.
Et puis je grandirai sous tes ailes aimantes,
je défierai le vent qui brise les envols.
Tu m'apprendras son souffle en ma quête errante
des horizons d'amour emplis de danses folles
Nous nous envolerons au plus fort des tempêtes,
au fil de nos ébats jusqu'au septième ciel
et nous découvrirons dans nos désirs, peut-être,
le oui de notre amour accroché au soleil.
Voyage
Vogue
mon cœur
entre ciel et âme
vent ou rame.
Je divague
sur la vague
de mon âme
Vague à l'âme
vague
vagabonde
je divague
je dis : vague
vague pensée
vague chimère !
un mot erre
dans mon cœur
un bonheur
se repose
sur la vague
vagabonde.
Et j'y plonge
vague à bond
rond dans l'eau
A demi-mot
je m'évade
dans la rade
du bonheur
de ton cœur…
Vertige
Vacille
vrille
vertige
manège
à l'arpège
du bonheur
de mon cœur
Vacille
vrille
roule billes
yeux félins.
Au matin
d'un vertige
je me fige
au vide.
Aimant
de ma vie
qui défile
et vascille
au trop plein
d'un amour
sibyllin.
SYMBIOSE
Je découvre la mer
qui déroule ses vagues
sur le sable de mes yeux
Dans l'infini brumeux
je palpe le silence
pour apprivoiser
ma solitude.
La douceur duveteuse
d'un soleil de mars
euphorise
mon corps
engourdi.
Symbiose
éphémère
entre l'instant
et le ronronnement
d'un coeur
sans voix.
Les yeux fermés
je me plonge
dans les tiens
ouverts
et lumineux.
Je dégrafe
le soleil de ton regard
pour habiller
mon âme nue.
Le petit vœu
Ne te retourne pas
je suis laide à pleurer
le rimmel fuit déjà
ça va dégouliner !
Ne te retourne pas.
Ne te retourne pas
l'averse de mes yeux
s'abat dans mon cœur, là
où j'avais mis un vœu.
Ne te retourne pas.
Ne te retourne pas
le vœu est tout noyé !
Ce petit vœu d'amour
pour toi si bien gardé !
Ne te retourne pas.
Si tu te retournais
je te le confierais
mon petit vœu d'amour.
Mais il s'est échappé
dans le grand lac gelé.
Tu peux t'en retourner
mes yeux sont asséchés…
Attente
Es-tu venu ce soir en ton âme de tulle
pour ôter à mon cœur des monceaux de chagrin
Et viendras-tu peut- être éparpiller ma peine
au vent du lendemain.
Viendras-tu mon amour sur ma couche ourlée d'écume de baisers
effeuiller mes sourires pour les distribuer.
J'ai inventé des câlins aux gants de soie pour caresser ton âme nue.
Le ciel de notre amour s'est empourpré d'aubes nouvelles aux petits matins printaniers.
J'écris sur ton coeur des mots à l'encre du ciel avec une plume d'oiseau de paradis.
J'embrasse ton corps à coeur ouvert
J'irai jusqu'au bout de ton âme pour m'ennivrer de son amour.
Regarde, la maison de mon coeur ouvre ses fenêtres sur le jardin de notre vie...
VIENS
Pousse la porte
entrouverte.
Une giclée
de soleil
éblouit
ma maison
noire.
Un vent de mer
s'en est allé…
Ton odeur
d'algue brune,
encens
des marées
océanes,
s'étale
comme
bruine au vent…
Je t'attends
dans
le roulis
d'un voyage
solitaire…
Adieu
Ce matin d'été
où tu cognais,
aux remparts de mes entrailles
à l'onde de ta muraille !
Tu me disais que c'était l'heure,
que t'en avais pour un quart d'heure !
Un quart d'heure ?
une éternité !
Et tu cognais !
et tu cognais !
Tu faisais mal à mon corps mou
si tu savais mon petit bout !
Tu faisais mal à ta tanière
et je voulais à ma manière
que tu sortes voilà tout !
que tu arrives un point c'est tout !
et qu'enfin je sois libérée
de cette maudite marée !
Dans la chambre nous étions seules
J'avais mes larmes pour linceul…
Ton cœur qui m'abandonnait
tes cris dans mon ventre, étouffés !
ces cris que j'avais inventés,
ils se sont tus.
Tu n'as pas voulu
de mes baisers de feu
tricotés pour nous deux…
Ah ! j'allais oublier
J'avais aussi brodé
avec mes doigts de fée
des caresses-dentelles
pour te donner des ailes.
L'oiseau n'a pas piaillé
en sa couche dorée.
L'oiseau n'a pas volé.
il s'est brisé les ailes
en son nid immortel.
Alors, je t'ai hurlé
et je t'ai supplié
de prendre ton envol
dans notre course folle !
La course de nos vies
à jamais emmurée !
Ya pas de paradis
pour mon cœur tout cassé !
mon ventre écartelé
dans l'abîme d'un trou
béant comme cratère
profond comme la terre !
Regarde petit bout
combien je suis à bout
à bout de t'appeler
à bout de te chercher
à bout de t'inventer
pour ne plus te trouver.
Dans notre chambre j'étais seule
j'avais mes larmes pour linceul…
peut-être un baiser volé…
une rose blanche fanée…
dans ton berceau d'éternité…
Chut
On se dit tout
ou rien
mais rien qu'un peu.
On se dit peu
très peu
un petit peu
On ne dit mot
à demi
à demi mot
Silence… On parle
CREPUSCULE
Ton regard tisse sur mes yeux mi- clos
un voile de douceur ambrée.
De la fenêtre coule une plainte des jours d'orage.
J'aquarellise sur ton corps chaud, des coussins de plume en envol.
J'y dépose un souffle pastel.
L'éclair pourpre raye l'ombre de tes courbes en attente.
L'orage éclate sur ma couche généreuse. Il pleut des mélopées d'amour.
Nos corps noués valsent au flux et au reflux des vagues déchaînées.
Et vogue le tourbillon vers des rives éternelles!
Nos cœurs n'ont pas de récifs.
LAISSE FILER LE TEMPS
Laisse
filer
le
temps
il
ne
nous
attend
pas
Mais
surtout
surtout
arrête un instant
un morceau
de
ta vie
où
le temps
n'a plus d'heure
où
l'heure
a vingt ans
C'est toujours la même heure
Si tu y prends le temps
Passage
Le ciel a dérobé plein de larmes de feu
pour s'empourprer de peine.
Un oiseau de passage a raté son envol
pour se brûler d'amour à l'horizon offert.
Souvenir
Je t'ai cherchée au clair de lune
dans le noir du cœur enroué.
Je t'ai hurlée au vent diurne,
tu ne m'as jamais appelée.
Je t'ai cherchée dans mes tempêtes
pour éponger des grains épais
et crié sur ma goélette,
tu ne m'as jamais appelée.
C'était un soir, un soir de lune,
notre vie comme bouclier,
un bonheur simple de fortune
et tes sourires pour m'aimer.
Je t'ai hurlée sur mes rivages
sur la misaine, sur les haubans,
t'ai suppliée dans mes naufrages,
mais tu ne m'entends plus maman.
Je te voudrais, mais c'est trop sage,
berceuse de vie si souvent,
tu n'es qu'une ombre de passage,
de ces envols de firmament.
Ce soir, il y a clair de lune,
j'entends ton âme murmurer.
Sur ma grand' vergue de fortune,
une larme se laisse aller…
Je t'imagine
Je t'imagine mon amour
dans l'alcôve de notre vie
où je m'abreuve en contre-jour
de tes yeux de ciel alanguis.
Et j'imagine un amour
au lamparo de notre couche
étincelles de troubadour
aux chants de braise de ta bouche.
Je t'imagine mon amour
dans le vent de mon ciel de lit
tes mains-plume-de-velours
sur mon corps en graphologie.
Je t'inventerai un amour
bourgeon –de soie sous la ramure
il grandira jour après jour
aux clapotis de l'onde pure.
Sur son chemin de traverseAmélie rencontre la nuit
La nuit respirait doucement. Le film de sa vie défilait tel un TGV. Le sourire de sa mère la rassurait, tandis que celui de son père hoquetait, disparaissait, puis réapparaissait comme un film au ralenti. Cette apparition la troubla. Elle questionna la nuit.
- Tu es toujours là ?
- C'est bientôt le lever du jour, dépêche- toi avant que je ne m'éclipse !
- Alors, tant pis, c'est trop tard ! J'avais pourtant quelque chose à te confier ! Ce que j'ai à te dire est difficile et ce qui difficile est toujours trop long à dire. Je n'aurai jamais assez de temps !
- Le temps est relatif. Je tombe chaque fin de jour et je t'enveloppe chaque soir, alors, si je disparais, demain je reviendrais et je t'écouterais.
- C'est que, je ne sais pas par quel bout commencer. Pourquoi c'est si dur d'aimer ? Tu vois bien, c'est souvent toi qui assombris le cœur des Hommes en manque d'amour !
- C'est vrai, c'est souvent sous mon toit que les êtres se déchirent. Je fais remonter les colères, ressurgir les angoisses. Parfois les Hommes perdent pied, pourtant ce n'est pas faute de conseils.
- As-tu conseillé mon père ?
- Il ne m'a rien demandé !
- Moi, je suis sûre qu'il a besoin de ta lumière, de ta chaleur. Je l'aime ce père fantôme, il me manque ! Je le dessine dans mes entrailles, dans mon cœur et ma tête. Il me manque tant ! J'ai besoin qu'il me rassure, qu'il me regarde, qu'il m'entende ! Je lui parle souvent en silence, il ne peut pas m'entendre. Mais toi, tu pourrais le faire revenir.
- Chacun choisit sa route. Nous n'avons pas droit de regard sur le tracé de celle des autres. Regarde, en ma présence tu as découvert la voie de ta lumière. Ton père doit avoir comme tous envie de m'emprunter. Libre à lui ! Je suis à lui, comme je suis à toi, comme je suis à tous. C'est une question de confiance.
- Mais pourquoi mon père m'a abandonné ?
- Chaque personne a ses secrets, ses doutes. Tu ne peux pas juger les conflits de tes parents, c'est leur histoire.
- Peut-être, mais je me sens coupable de leurs déchirures.
- Voyons Amélie, ce n'est pas de ta faute ! Tu n'es pas coupable de ta naissance. La naissance est un cadeau de la vie.
- Pourtant ce n'est pas le cas de ceux qui sont nés pour survivre. Regarde la Terre et tous ces enfants blessés ! Blessés par la famine, la pauvreté, l'injustice, les guerres des grands. Leur naissance est pour eux un mauvais cauchemar.
- C'est vrai, mais dans les pires moments de la vie, nous avons la fabuleuse chance de la pensée que personne ne peut nous voler, celle qui nous fait rêver, contempler, sentir, aimer à notre manière. Pour les malchanceux, le choix de la pensée est occulté par les priorités de la survie. Les premiers mots d'un enfant affamé seront peut-être :"J'ai faim! J'ai soif!". Et toi, quelle est ta priorité ?
- La présence de mon père !
- Je comprends. Même si tu ne le vois pas ce père invisible, invente lui des ombres flamboyantes et des nuits fantastiques pour auréoler sa présence. Regarde-toi, ce que tu es, comment tu respires, ce qui fait vibrer ton cœur, c'est sans doute sa respiration, ses vibrations, son intensité de vie. Vous êtes le miroir de l'autre. N'efface pas les reflets de ce miroir qui font ton identité, tes racines. Mais nous en reparlerons plus tard car le jour me pousse à partir.
Amélie pensa que la nuit avait raison, elle sortit de sa poche la photo de son père prise pour ses sept ans. Elle eut un autre regard sur cet être fugitif. A présent, elle était fière de son existence lointaine mais concrète. Sur quelle planète avait-il posé sa vie ? Pourquoi avait-il effacé d'un trait son passé ? Sa mère présente mais muette aussi. Le grand secret de leur amour déchiré n'appartient qu'à eux. Strictement qu'à eux deux. "Le mien, je l'ai confié à la nuit qui l'a gardé. Je sais qu'à présent je pourrai tout lui dire. "
" Garde le négatif, la photo n'est pas voilée, développe les sourires, fixe-les à l'avenir…"
Papa, j'aimerais tant ta présence ! Comme tu me manques ! Peut-être qu'un jour tu réapparaîtras pour regarder ma vie, la meubler de bravos, ou tout simplement pour être là, sans bruit, si présent par la force de tes bras. Mais, aujourd'hui, je t'ai découvert dans ce chemin qui m'appartient où personne ne peut y pénétrer, sauf toi, tu en es le maître. Les yeux fermés, je te vois, j'invente tes yeux. Ta main est si chaude, si veloutée, que je me laisse conduire quand tu voudras, où tu voudras. Reste sur mon chemin par ma nuit ajourée, pour nous reconnaître !
La nuit discrètement s'était effacée pour laisser place à l'aube naissante. L'air matinal nappait doucement la forêt comme le flou des pastels chinois. Les arbres encore engourdis laissaient à peine entrevoir leur relief. Derrière eux, le soleil timide, au halo rosâtre s'allumait sur la crête. Alors, Amélie eut envie de sauter très haut dans la nuit ajourée, d'écraser de ses pieds nus les cailloux gênants, d'éclabousser les ombres inutiles, d'éclater le bois mort des sentiers. Elle eut envie de prendre un bouquet d'arbres, de pleurer l'oiseau mort ! Pour la première fois, elle sentit les larmes sourire à son rire et son rire s'éparpillait si loin, cherchant une réponse et les réponses répondaient :
Instant.
Infini
fil de plume
folâtre
amoureux
bavard
vagabond.
Tu parles
je rêve
à l'autre fil
le fil du rail
Orient Express
Langoureusement
au crépuscule
je m'aventure
tu t'abandonnes.
Un cri
plaintif
s'échappe
d'un nid de plumes.
Tu te reposes
sur l'aile
orpheline.
Ambre
Sur ta couche, une bise effleure l'instant. Parfum musqué d'ambre moite, je caresse l'effluve, odeur de ta présence. Bientôt ton corps, puissante vague océane. Bientôt le roulis, berceuse marine des ébats de soie…
Ne pleure plus Pierrot
regarde petit mioche
Prend ce papier si beau
La plume est dans ta poche
Ecris à tous les grands
tous ceux de la planète
que tu voudrais vraiment,
vraiment que ça s'arrête !
Que tu aimes surtout
tous les feux d'artifices
qui sont lancés partout
tous les jours d'Armistice !
Dessine ton école,
fais-en une aquarelle !
Dis leur :"c'est bien plus drôle,
la classe sera belle !"
Tu pourras raturer
sur le coin d'un cahier
les mots qui t'ont blessé
ou qui t'ont humilié.
Tu ris tendre Pierrot
tu as fini ton mot !
Le facteur aura beau
passer un peu plus tôt,
tu as perdu ton temps,
c'est un mot rigolo
qui fait pleurer les grands !
Mots d'amour sur le vélin du cœur. Dessins en aquarelle doux
comme une mer d'aurore…Je cherche un baiser profond pour
m'échapper vers l 'amour-roi là, où l'aube a la couleur du sourire où le
soir s'allume en brasiers de vent…
Hurler à la vie pour le souffle pour l'amour dompté. Hurler à la mort des cris
d'amour effacé…
Tu es l'orage et la mousson, tu es la foudre libertine, la bruine douce aux églantines, l'éclair sur le diapason.
Tu es la vague qui glisse, sage, l'oiseau de feu après combat. Tu es la rose qui s'ébat dans l'accalmie des grands orages…
Une île
Dans le lit de mon ventre, une rose a fané
terre de feux-follets pétales consumées.
Dans l'oubli de ton antre, une rose a saigné
flocons immaculés aux tisons emmurés.
Dans ton linceul confié aux limbes inondés
où mes larmes, tes cris, à jamais cohabitent,
j'y déverse souvent un sourire, un baiser
que le néant bavard trop souvent décapite.
Nos vies se sont nouées aux destins immortels
là, où l'âme frileuse supplie l'amour fragile
d'amasser des secrets aux rivages du ciel
mais le nôtre repose aux amarres d'une île.
FEMMES
Naïades d'un soir creux, vous caressez la plainte
De l'homme qui ne veut que vos fesses et vos seins
et qui se boit de vous au trône de l'étreinte
Parodie des doux mots et des propos câlins.
Ce Trissotin du cœur après votre conquête
vous laissera dolente aux illusions feutrées
et promesses oubliées, perfides épithètes
seront que galvaudage au bastion du sacré.
Ondines mal- aimées, attention au poète
qui vous prend pour sa muse, alors qu'il prend son pied.
Ce phallo au grand cœur, se dira homme honnête
et demain conquérant, il s'en ira chasser.
Bibelots convoités, ou poupées éphémères
on vole votre sexe, vos courbes et vos reins!
Et la pub sur un flash, place votre derrière,
pour les fantasmes doux d'un macho qui vous tient!
Sur vos courbes meurtries, il y a des cathédrales,
Merci de votre passage sur mon profil et de ces étoiles qui me touchent ! Désolée pour le retard je ne passe plus que rarement sur le site jeunes talents mais je continue à écrire^^
Bonne continuation
Toujours "remuée en dedans" par tes beaux textes. Les deux premiers thèmes sont des thèmes que j'affectionne particulièrement... nous les abordons de manière différente,
ce qui contribue à la richesse de l'univers poétique.
A bientôt
Katy ALYZEE
(voir l'annonce sur l'agenda du Printemps des ^poètes : www.leprintempsdespoetes.com à Katy ALYZEE)
Les Mots de MARIE dans toute librairie Editions La Clé de Sel
( il y a moins de 4 mois )
Après la blessure d'un premier enfant mort-né, Marie ressent une envie d'écrire ses révoltes. Tous ces mots murés ont envie d'éclore. Ecrire pour les faire vivre et leur tracer un chemin d'existence. Tout dire, il faut tout dire, ne rien oublier pour dégager la plume lourde et l'âme débordante. C'est aini que Marie peut poursuivre sa vie de femme, sa vie de mère.