Les camions, les voitures, sur la route se bousculent,
Les klaxons, les « Sale con ! » ébranlant les maisons.
Et les pigeons sont là qui roucoulent’ et copulent
Comme les coucous obscènes d’une horloge de saison.
L’air gras en chaque endroit signe d’un film_d’huile,
La moiteur qui l’accroche aux luisants toits de tuiles.
Et les blocs de bétons, tels des gisants débiles,
Laissent suer de crasse, comme bave sénile,
Sur les pans de leur masse, les murs salis d’usure.
Le temps n’en finit plus ; le temps s’arrête et dure.
Tant et tant que le vent, lassé des toits, des rues,
Est reparti soufflé sur des terres’ encore nues.
C’est si lent, c’est si long, le temps de te revoir.
Ces silences en sillons où l’on sème un espoir.
Ces cils qui ont frôlé ma peau comme un baiser
S’exilèrent battre ailleurs ;
J’en gardai la douceur.
Ces îles tant aimées où mon cœur apaisé
Saisit l’instant d’alors pour en brûler son or.
Ces six longs jours si courts, quand on vole et qu’on court
Sont partis bien trop tôt, j’ai pas vu ton âme…
A force de crier fièrement sur tous les toits que Pierre-le-méchant devrait faire plus pour Jacques-le-gentil, une floppée de faux Robin des Bois nous a formatés des Jacques-aigris qui en oublient qu'ils peuvent aussi s'aider eux-mêmes.
Bienheureux celui qui croit en lui avant d'exiger des autres.
Adieu mon Dieu, je ne te crois plus.
L'homme était bon, tu l'as déçu.
Vampire amour
Ton absence en mon sein a fait bien des ravages
Et ma peau n’en peut plus de couver son carnage.
Le tambour de mon pouls découpe avec ardeur
Les heures. Puisses-tu raccourcir cette attente,
Toi qui confère au temps son infinie lenteur.
Comme un alcool ouvert, c’est ma vie qui s’évente.
Avant de me saouler au nectar de tes veines,
Sentir sous mes doigts leurs cheveux de porcelaine ;
Suivre du bout d’un ongle’, comme on lit une carte,
Le chemin de ton sang, son parcours écarlate.
Et quand mon œil repus sera las de tes bras,
Concéder à ma bouche’ le goût de leur éclat.
A penser à la chose, il me semble parfois
Que mes lèvres’ ont ta peau, que mes mains ont tes doigts.
Sur mes dents la salive, à l’idée de te boire,
Laisse déjà briller l’envie de te revoir.
Et lorsqu’il m’est donné d’écouter leur mystère,
Je nourris mes tympans à l’écho de tes chairs
Mon paradis, alors, ne pourrait être ailleurs.
Car quand j’entends gronder à travers ton corsage
L’océan rouge et bleu affolé par ton cœur,
Je voudrais là planter le plus beau des marquages,
Sur cet écrin de peau où je sais à l’abri
Le délicieux nectar qui fait battre ta vie.
Reviens jouir du plaisir de couler dans ma gorge
Et sur ta chair brûlant au feu de mes soupirs,
Ton sang versé pour moi maquill’ra ton plaisir
Tel le fer qui rougit quand il va à la forge.
Je suis une petite fille moche. Je suis pas handicapée, j’ai pas une grosse cicatrice ou une tache de naissance sur la figure, ni un gros grain de beauté mal placé. J’ai pas d’excuses comme ça. Je sais pas trop de quoi ça vient. Si c’est mon nez qu’est trop long ou mon visage trop petit. Si c’est mes yeux qui sont trop rapprochés ou bien quoi. Je sais pas trop dire pourquoi mais je me regarde et je me trouve moche. Et les autres, ils pensent la même chose. Je suis une petite fille moche.
Les grandes personnes, elles, elles commencent toujours par me sourire quand elles me voient pour la première fois. Parce que je suis une petite fille alors on me sourit. Et puis tout d’un coup elles sourient plus pareil. Comme si elles avaient envie d’arrêter mais qu’il fallait bien continuer parce que je suis peut-être moche mais je suis quand même une petite fille, mais qu’est-ce que je suis moche quand même, et qu’est-ce que c’est triste une petite fille aussi moche!
Parce que ça leur fait de la peine aux adultes quand ils me regardent, tellement je suis moche.
Ils sont désolés, ils aimeraient bien faire quelque chose pour m’aider. Ils deviennent tout gentils et ils veulent me protéger parce qu’ils savent bien que quand on est moche, être une petite fille, bah c’est pas facile.
En plus je suis grosse. Maman elle dit que je ne suis pas grosse mais moi je sais bien que je suis grosse. Mais de toute façon c’est pas important si je suis grosse parce que j’ai essayé de m’imaginer comment je serais si j’étais pas grosse et je serais moche quand même, alors... Au moins, être grosse, c’est déjà un peu une excuse d’être moche. Les gens, ils se disent que si je maigrissais, ça m’arrangerait. Ca leur fait plaisir de voir qu’on peut faire quelque chose.
C’est pour ça que maman elle voudrait que je maigrisse. Elle doit penser que je serais moins moche si j’étais moins grosse - même si ça a pas de rapport. Quand elle essaie de me faire maigrir, au moins elle a l’impression qu’elle fait quelque chose. Alors je mange comme elle dit, quand elle dit. Même si je vais piquer dans le frigo à des moments parce que j’ai trop envie. Je suis sûre qu’elle le sait, maman, mais elle fait comme si de rien n’était. Ce qui compte c’est que je fasse bien comme elle me dit, quand elle me dit. [...]
Extraitdu monologue "Je suis une petite fille moche", tiré du spectacle "Les contes de la petite fille moche" -www.lapetitefillemoche.com
Demain j'irai par les chemins
Bien au-delà de la colline
Chercher les couleurs du matin,
Courant après l'aube câline.
D'une main agitée au loin,
Je saluerai ma concubine
Jusqu'à ce qu'entre les sapins
Ma seule silhouette se dessine.
Il y a fort longtemps, dans un lointain pays,
Vivait un jeune prince à jamais endormi.
Ses parents malheureux l'avaient souhaité ainsi
Et les fées de leurs voeux avaient bercé son lit.
« Notre fils en sommeil vivra comme dans un rêve
En ignorant les peines des hommes qui se lèvent. »
Lui qui ne disait rien, sa mère parlait pour lui
Et discourait sans fin de ses jours et ses nuits.
Devait-il avancer ? Son père allait pour deux
Et portait en son nom des actes valeureux.
L'enfant s'offrait à eux comme la terre que l'on creuse
Et tous deux en leur fils voyaient une vie heureuse.
Loin du monde et du bruit, sur le prince endormi
Coulèrent sans y penser tous les jours de sa vie.
Tout un chacun enviait l'esquisse de son sourire,
Le bonheur qu'on trouvait dans son calme à dormir.
A vingt ans, il mourut, sans que nul ne le sût,
Tant la mort le laissa tel qu'on l'avait connu.
La figurante anonyme ne bougeait pas. On l'appelait "Catherine" depuis ce matin. Gérard la secoua : "Hé!"
Spectacle musical "Aimer, chérir et tralala..."
Extrait de la scène 6
Betty est au téléphone avec son frère.
Betty
Et bien… Je… Je ne sais pas… J'avais peur qu'il me quitte. Oui, c'est ça, voilà. Je sais, c'est idiot, idiot, idiot ! Se marier six mois après s'être connus. Ah ! J'ai été idiote. Mais tu vois, je voulais le garder mon Christophe. Je voulais le garder parce que j'avais l'impression que je me réveillerai un matin et que… Zou ! Il serait parti. J'en étais venue à souhaiter qu'on se marie pour qu'il ne puisse pas partir sans rien dire. (Sur un ton commère) Tu comprends, toute cette paperasse pour divorcer, c'est pas le genre de choses qui se fait du jour au lendemain !
[...]
Betty
Mais quand il m'a demandée en mariage… Et bien c'était clair qu'il avait vraiment envie de rester avec moi, tu vois. (Exaltée) Pendant deux secondes, c'était magique, magique ! D'un coup, je n'avais plus peur. (Brusquement morne) Mais du coup, et bien je n'avais plus besoin de me marier avec lui. Voilà. Mais je n'allais pas dire non, tu penses ! Alors j'ai dit oui.
Pour un extrait musical, allez sur la pageSFR Musicde Diane Dassigny qui interprète le personnage de Betty :
http://musique.sfrjeunestalents.fr/artiste/Diane-Dassigny/